Suite et fin de notre petit voyage, Aurangabad est une ville qui ne mérite pas le détour: c'est une sorte d'Ahmedabad, en plus petite. Le chaos y règne n'a donc pas la puissance de celui d'Ahmedabad, et devient juste ennuyeux. Et puis tout est assez miséreux, presque sans intérêt. On pourrait la comparer à ces villages "route nationale" en France, traversée par un traffic incessant, au visage triste et poussiéreux. Nous regrettons la gentillesse des habitants d'Ahmedabad, les gens ici semblant plutôt intéressés par notre argent. Le monument local vient compléter ce constat à la fois sombre et comique: Le Bibi Ka Maqbara est une réplique du Taj Mahal, en compressé, dont les indiens qui n'habitent pas Aurangabad parlent avec un certain humour... Il fut construit par le par le fils du constructeur du vrai Taj Mahal, en honneur de sa première femme. Même idée, même achitecture, mais d'après les mauvaises langues, pas la même richesse ni le même amour pour sa femme. Au delà de la taille de l'édifice, les matériaux sont aussi au rabais: le marbre n'est utilisé que sur deux mètres de haut, puis c'est du stuc. Enfin bon, s'il n'y avait pas l'ombre de l'original, on l'aurait peut-être trouvé magnifique, au milieu d'un grand jardin enclos, entouré de petites montagnes verdoyantes.
Nous décidons d'ailleurs de grimper sur l'une d'entre-elles, renommée pour son petit temple. Après force discussion, nous parvenons à expliquer au rickshaw notre intention de monter nous-même la colline et lui demandons de nous déposer en bas. Nous grimpons rapidement, pour finalement nous retrouver dans un paysage assez idyllique, si on omet la ville à nos pieds. Une belle lumière du soir éclaire les montagnes d'un vert intense, ondulant sous l'agréable petite brise. Les fameux petits drapeaux de prière virevoltent un peu partout. Des échos de la ville nous arrivent de manière irrégulière. Mais déjà, cette quiétude est menacée: un groupe de sportifs, que nous apprendrons plus tard être une équipe de foot locale, escalade la montagne à toute vitesse pour arriver suant et rugissant au sommet. Là, une séance de concours de pompes s'impose, qui fait définitivement perdre son charme au lieux, et je m'amuse intérieurement de ce changement de situation, prenant conscience de la puissance des autres dans mes propre perceptions d'un lieu.
Mais pourquoi donc aller à Aurangabad, au vu de cette description peu objective? C'est simplement une étape obligée vers les caves d'Elora. Ces caves ressemblent en fait à des temples, plus ou moins grands, voir géants, taillés directement à même la falaise. De ce fait, la trentaine de caves s'étirent à flanc de vallée, à différentes hauteurs, s'enfonçant plus ou moins profondément dans la roche. Ce qui est frappant, ce n'est pas tant la taille des excavations que leur régularité: même si quelques imperfections apparaîssent, les dimensions, les proportions, les alignements semblent toujours maîtrisé, malgré l'irrégularité de la roche. Et puis l'effort, le temps que représente ce travail! Il faut aussi imaginer qu'elles furent creusées entre le 5ème et le 10ème siècle, d'abord par des Boudhistes, puis par de Hindous, et enfin par des Jaïns. Leur état de conservation, leur caractère très régulier les rendent d'autant plus remarquable. Les sculptures sont à la fois drôles et impressionnantes. Impressionnantes de par leurs tailles, leur massivité, leur aspect robuste, avec peu de détail. Drôle car beaucoup d'entre-elles présentes un homme ou une femme aux attributs surdéveloppés, ainsi qu'un subtil déhanchement assez troublant.
En montant un peu vers les hauteurs, on trouve des caves plus ou moins abandonnés, en tous cas peu entretenues, qui donnent à la visite un tournant aventurier. Nous rentrons dans des caves très sombres, d'autres à moitié innondées: si la plupart bénéficient de drainages en amont, certaines en sont dépourvuent, rendant l'ambiance assez mystérieuse, avec des bruits de goutte à goutte, des bassins plus ou moins éphémères... Un lieu parfait pour le prochain Indiana Jones!
Nous décidons d'ailleurs de grimper sur l'une d'entre-elles, renommée pour son petit temple. Après force discussion, nous parvenons à expliquer au rickshaw notre intention de monter nous-même la colline et lui demandons de nous déposer en bas. Nous grimpons rapidement, pour finalement nous retrouver dans un paysage assez idyllique, si on omet la ville à nos pieds. Une belle lumière du soir éclaire les montagnes d'un vert intense, ondulant sous l'agréable petite brise. Les fameux petits drapeaux de prière virevoltent un peu partout. Des échos de la ville nous arrivent de manière irrégulière. Mais déjà, cette quiétude est menacée: un groupe de sportifs, que nous apprendrons plus tard être une équipe de foot locale, escalade la montagne à toute vitesse pour arriver suant et rugissant au sommet. Là, une séance de concours de pompes s'impose, qui fait définitivement perdre son charme au lieux, et je m'amuse intérieurement de ce changement de situation, prenant conscience de la puissance des autres dans mes propre perceptions d'un lieu.
Mais pourquoi donc aller à Aurangabad, au vu de cette description peu objective? C'est simplement une étape obligée vers les caves d'Elora. Ces caves ressemblent en fait à des temples, plus ou moins grands, voir géants, taillés directement à même la falaise. De ce fait, la trentaine de caves s'étirent à flanc de vallée, à différentes hauteurs, s'enfonçant plus ou moins profondément dans la roche. Ce qui est frappant, ce n'est pas tant la taille des excavations que leur régularité: même si quelques imperfections apparaîssent, les dimensions, les proportions, les alignements semblent toujours maîtrisé, malgré l'irrégularité de la roche. Et puis l'effort, le temps que représente ce travail! Il faut aussi imaginer qu'elles furent creusées entre le 5ème et le 10ème siècle, d'abord par des Boudhistes, puis par de Hindous, et enfin par des Jaïns. Leur état de conservation, leur caractère très régulier les rendent d'autant plus remarquable. Les sculptures sont à la fois drôles et impressionnantes. Impressionnantes de par leurs tailles, leur massivité, leur aspect robuste, avec peu de détail. Drôle car beaucoup d'entre-elles présentes un homme ou une femme aux attributs surdéveloppés, ainsi qu'un subtil déhanchement assez troublant.
En montant un peu vers les hauteurs, on trouve des caves plus ou moins abandonnés, en tous cas peu entretenues, qui donnent à la visite un tournant aventurier. Nous rentrons dans des caves très sombres, d'autres à moitié innondées: si la plupart bénéficient de drainages en amont, certaines en sont dépourvuent, rendant l'ambiance assez mystérieuse, avec des bruits de goutte à goutte, des bassins plus ou moins éphémères... Un lieu parfait pour le prochain Indiana Jones!