Attention ! Il y a un autre post
plus récent à aller lire plus bas. Ou vous pouvez aussi commencer
par la fin.
Cette ville (Bombay) est assez
difficile à cerner. En fait, il m'a semblé voir plusieurs villes
différentes dans une seule ville. Une sorte de ville normale (pour
moi), qui ne se limite pas à l'ancienne ville coloniale, avec de
grandes avenues bien aménagées, des parcs, des places, un front de
mer, des gens qui marchent, d'autres qui conduisent, des transports
publics de qualité, de grandes enseignes ou de petits magasins...
mais pas ce chaos de la rue d'Ahmedabad, où tout semble possible du
fait du nombre d'activités qui se côtoient. Ici, c'est une
véritable ville, pas cet amas de constructions du à une croissance
rapide qu'est Ahmedabad. Cette dernière me paraît soudain beaucoup
plus attrayante, voir même drôle à découvrir de par son aspect
plus étrange, inconnu.
Et puis à l'opposé, il y a des zones
comme Dharavi, une ville dans la ville : un gigantesque slum au
cœur de Mumbai. Mais attention, n'imaginez pas le bidonville délabré
et repoussant. Cela ressemble plus à nos centres-villes médiévaux,
avant qu'ils n'aient été rénovés et aseptisés dans les années
80, fait d'un réseau de ruelles et de placettes incompréhensible,
de petits bâtiments de moins de deux étages. Toute une urbanité
uniquement crée par ses habitants, sans architectes ni
gouvernements... qui essaient maintenant de s'installer, en
construisant quelques écoles ou de nouveaux égouts par exemple.
Selon un bouquin de la bibliothèque de mon université, environ 600
000 personnes vivent ici, pour un PIB d'environ 1 milliard de
dollars, difficile à mesurer du fait de l'aspect informel de
l'économie. C'est aussi là que se passe une bonne partie du roman
Shantaram, de Gregory David Roberts.
Enfin bon, on voulait voir ça !
C'est assez facile d'accès, entre deux gares, coupé en deux par une
grande route. Un ami de Pranita, ma coloc de Mumbai, nous montre
rapidement comment nous repérer, puis s'en va pour prendre un avion
pour Delhi. Du coup, on tente de s'enfoncer un peu, n'ayant aucune
idée d'où aller. On a juste entendu vaguement parler d'une
« recycling area », et d'une « leather area »,
mais peu de gens de l'extérieur connaissent véritablement cette
zone. D'ailleurs, les gens qui y habitent ne maîtrisent pas tout non
plus : nous parlons avec pas mal de jeunes, souvent un bon
anglais – signe qu'ils ont au moins fait le lycée -, et leur
demandons de nous emmener dans certain lieux. En général, ils
voient de quoi on veut parler, mais ne savent pas trop comment s'y
rendre. Enfin, du coup, on découvre plein d'autres choses, un grand
lac, dernier vestige du marais sur lequel est posé le slum,
aujourd'hui dépotoir géant. D'impressionnantes boulangeries, noires
de suie, où la chaleur est assez infernale, des tailleurs, des
barbiers et puis plein de petits magasins, des réparateurs de
portable, de petit électronique (Avez vous déjà fait réparer un
grille-pain?). Un peu partout, on voit les signes de tentatives
d'aménagements : pavage des rues, égouts, réseau d'eau...
mais la situation à l'intérieur du bidonville est elle même très
disparate.
Finalement, nous sommes chanceux et
tombons sur Ahmed, jeune indien stylé : jean délavé, T-shirt
Gucci, lunette Ray-ban et cheveux gominés soigneusement tirés en
arrière. Comme toujours, la propreté de la plupart des indiens et
même le soin qu'ils apportent à leur tenue est assez
impressionnante à la vue des immondices qui traînent partout dans
la ville...
Ahmed est propriétaire d'une petite
usine de teinture, ou plutôt un atelier. Son entreprise est en
effet située dans une petite maison, aux murs recouvert des couleurs
précédentes teintures. Dans le sombre rez-de-chaussée, l'atelier
proprement dit, avec deux personnes tournant des tissus dans des
teintures en ébullition. A l'étage, de grandes pièces de tissus
peinent à sécher du fait de l'humidité. Il nous montre aussi une
impressionnante brodeuse automatique, une énorme machine flambant
neuve, placée dans un hangar branlant.
Puis il nous emmène dans la zone
spécialisée dans le recyclage du plastique. Des montagnes de
bouteilles, emballages, électroménager...et de granulats de
plastiques concassés. La première question qu'on se pose est le
moyen de transport utilisé acheminer tout ce plastique et le
renvoyer ! La réponse est vite trouver : nous sommes
littéralement éjecter de la ruelle par un convoi de sac que l'on
suppose remplies de plastiques. Les hommes en dessous ne sont presque
plus visible tant ils sont chargés. Une fois arrivé, le plastique
est trié selon son type, sa couleur, puis concassé. Tout se fait
dans le bruit effroyable des broyeuse, à la lumière de quelques
néons, et peu d'air. C'est assez fascinant, mais nous ne restons pas
très longtemps, un peu gêné face à tous ces travailleurs assez
misérables. Ahmed nous ramène dans une grande rue, puis nous quitte
pour un rendez-vous ailleurs dans la ville. Nous sommes toujours sous
le choc de cette ville où tout semble se faire au même endroit :
logement, bureaux, magasins, petite industrie, ordures se cotoient !
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