Dansons et tournons en rond! Un nouvel épisode folklorique à Ahmedabad, où avait lieu toute la semaine dernière Navrati. Encore un festival, qui prend cette fois la forme de danses collectives géantes un peu partout dans Ahmedabad. Jusqu'à écrire cet article, je n'avais aucune idée de l'origine de cette fête et de ce qui était célébré. Un passage par wikipédia (ici) vous apprendra que l'énergie féminine, la Shakti, y est mise en avant sous neuf formes différentes, par exemple Sarvamangala, la joie pour tous (ça ne s'invente pas), ou Amba, mère de l'Univers.
Dans les faits, pour les Gujaratis, ou habitants du Gujarat, cela consiste plus en un moment de liberté et de fête, où les gens déambulent jusqu'à tard dans les rues, les femmes se retrouvent et sortent seules, une première sortie nocturne pour les adolescents... La légende veut même que le nombre de naissance connaisse une légère augmentation vers le début du mois de juillet. D'un point de vue occidental, ou même pour des habitants de Delhi ou de Bombay, les danses peuvent paraître un peu coincées et l'ambiance pas forcément folle. Mais ici, comparé au black-out habituel - après 22h, tout est fermé et les rues désertes-, tant de divertissements semblent presque déplacés.
C'est donc l’événement de l'année, un des festivals les plus attendus, et les participants s'habillent donc en conséquence: les hommes en kurta, une chemise longue, avec un pantalon très serré au niveau des chevilles, large à la hauteur des hanches et des tongues classes. L'ensemble est assez sobre, même si quelques audacieux tentent des kurtas incrustées de brillants, de fils dorés ou tout simplement de couleurs vives. Les femmes ressortent le fameux sari, tentant des associations de couleurs improbables, du jaune au turquoise en passant par le rouge et l'orange, à grand renfort de grelots, de petits miroirs, de maquillage plus ou moins visible et de bijoux extensifs. Si pour certaines, le résultat est un peu trop chargé, l'ensemble le plus souvent très beau... les charmes de l'orient, diront certains. Ce qui est intéressant, c'est que seules les pauvres portent le sari quotidiennement, alors que les plus aisées préfèrent des habits un peu plus pratiques, souvent une kurta.
Au milieu de tous ces préparatifs, il y a aussi une espèce de compétition entre les différents lieux de Garba (le nom de la danse), et il y a des lieux où il faut être. La Cept university, la mienne, est sans conteste le top du top. La semaine qui précède le festival, le campus est récuré, du sable apporté pour la piste de danse, de belles installations lumineuses crées par les étudiants, alors que quelques restaurants éphémères s'installent un peu partout. L'accès est contrôlé, et c'est apparemment tellement bien que certaines personnes sont prêtes à payer très cher pour rentrer. Inévitablement, cela à créer quelque problèmes de vente et de revente de places normalement réservés, de faux billets... au final, dénonciation et contre-dénonciation s'enchainent concernant ces magouilles, mais aussi à propos de consommation d'alcool (!), pour finir en bagarre entre deux leaders étudiants de partis politiques opposés. L'enchaînement logique des faits est pour le moment peu compréhensible, mais quelques personnes ont fait un cour séjour en prison, ce qui à quelque peu calmé les esprits échaudés. Il fut un temps question de supprimer complétement la fête, mais elle fut heureusement maintenue, réservée aux seuls étudiants de Cept.
La danse en elle même est assez simple: elle consiste, à Cept, en une suite de huit pas en tournant sur soi-même, à répéter inlassablement. Des files de danseurs se mettent en place, un peu comme une chenille, pour finalement former de grand cercles concentriques. La danse dure une heure environ, durant laquelle le rythme s'accélère progressivement. A la fin, l'ensemble est totalement frénétique, incontrôlable, tribal. Puis tout s'arrête soudainement, pour une pause. Là, un peu sonné d'avoir autant tourné, le regard hagard, les habits trempés de sueurs, les danseurs se dispersent, pour ensuite revenir au premier signe d'une nouvelle garba. Cela peut durer jusqu'à cinq heure du matin... Cette danse est au final assez prenante!
Les Garbas de la vieille ville sont aussi assez drôles, puisqu'elles prennent formes dans des rues et sur des places le plus souvent très étroites. La file de danseur s'adapte donc à l'espace disponible. On va de Garba en Garba, tentant à chaque fois d'apprendre de nouveaux pas en essayant de suivre, un peu maladroitement un ou une experte. C'est assez intéressant à regarder, car si le pas de danse est très codé, les résultats, d'un danseur à l'autre, sont très différents: plus ou moins extensif, lisse, saccadé, mou, dynamique... A chaque extrémité de la danse, quelques bons hommes surveillent les vaches environnantes, un peu affolées par le spectacle, dérangées dans leur tranquillité nocturne. De temps en temps, une tente de traverser, et la danse prend alors une allure de feria, chacun cherchant à éviter la vache en question. Puis le bel ordre reprend son cours.
Dans les faits, pour les Gujaratis, ou habitants du Gujarat, cela consiste plus en un moment de liberté et de fête, où les gens déambulent jusqu'à tard dans les rues, les femmes se retrouvent et sortent seules, une première sortie nocturne pour les adolescents... La légende veut même que le nombre de naissance connaisse une légère augmentation vers le début du mois de juillet. D'un point de vue occidental, ou même pour des habitants de Delhi ou de Bombay, les danses peuvent paraître un peu coincées et l'ambiance pas forcément folle. Mais ici, comparé au black-out habituel - après 22h, tout est fermé et les rues désertes-, tant de divertissements semblent presque déplacés.
C'est donc l’événement de l'année, un des festivals les plus attendus, et les participants s'habillent donc en conséquence: les hommes en kurta, une chemise longue, avec un pantalon très serré au niveau des chevilles, large à la hauteur des hanches et des tongues classes. L'ensemble est assez sobre, même si quelques audacieux tentent des kurtas incrustées de brillants, de fils dorés ou tout simplement de couleurs vives. Les femmes ressortent le fameux sari, tentant des associations de couleurs improbables, du jaune au turquoise en passant par le rouge et l'orange, à grand renfort de grelots, de petits miroirs, de maquillage plus ou moins visible et de bijoux extensifs. Si pour certaines, le résultat est un peu trop chargé, l'ensemble le plus souvent très beau... les charmes de l'orient, diront certains. Ce qui est intéressant, c'est que seules les pauvres portent le sari quotidiennement, alors que les plus aisées préfèrent des habits un peu plus pratiques, souvent une kurta.
Au milieu de tous ces préparatifs, il y a aussi une espèce de compétition entre les différents lieux de Garba (le nom de la danse), et il y a des lieux où il faut être. La Cept university, la mienne, est sans conteste le top du top. La semaine qui précède le festival, le campus est récuré, du sable apporté pour la piste de danse, de belles installations lumineuses crées par les étudiants, alors que quelques restaurants éphémères s'installent un peu partout. L'accès est contrôlé, et c'est apparemment tellement bien que certaines personnes sont prêtes à payer très cher pour rentrer. Inévitablement, cela à créer quelque problèmes de vente et de revente de places normalement réservés, de faux billets... au final, dénonciation et contre-dénonciation s'enchainent concernant ces magouilles, mais aussi à propos de consommation d'alcool (!), pour finir en bagarre entre deux leaders étudiants de partis politiques opposés. L'enchaînement logique des faits est pour le moment peu compréhensible, mais quelques personnes ont fait un cour séjour en prison, ce qui à quelque peu calmé les esprits échaudés. Il fut un temps question de supprimer complétement la fête, mais elle fut heureusement maintenue, réservée aux seuls étudiants de Cept.
La danse en elle même est assez simple: elle consiste, à Cept, en une suite de huit pas en tournant sur soi-même, à répéter inlassablement. Des files de danseurs se mettent en place, un peu comme une chenille, pour finalement former de grand cercles concentriques. La danse dure une heure environ, durant laquelle le rythme s'accélère progressivement. A la fin, l'ensemble est totalement frénétique, incontrôlable, tribal. Puis tout s'arrête soudainement, pour une pause. Là, un peu sonné d'avoir autant tourné, le regard hagard, les habits trempés de sueurs, les danseurs se dispersent, pour ensuite revenir au premier signe d'une nouvelle garba. Cela peut durer jusqu'à cinq heure du matin... Cette danse est au final assez prenante!
| la Garba à Cept |
Les Garbas de la vieille ville sont aussi assez drôles, puisqu'elles prennent formes dans des rues et sur des places le plus souvent très étroites. La file de danseur s'adapte donc à l'espace disponible. On va de Garba en Garba, tentant à chaque fois d'apprendre de nouveaux pas en essayant de suivre, un peu maladroitement un ou une experte. C'est assez intéressant à regarder, car si le pas de danse est très codé, les résultats, d'un danseur à l'autre, sont très différents: plus ou moins extensif, lisse, saccadé, mou, dynamique... A chaque extrémité de la danse, quelques bons hommes surveillent les vaches environnantes, un peu affolées par le spectacle, dérangées dans leur tranquillité nocturne. De temps en temps, une tente de traverser, et la danse prend alors une allure de feria, chacun cherchant à éviter la vache en question. Puis le bel ordre reprend son cours.
| Nous aussi, on va danser. |
| Dans la vielle ville |
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RépondreSupprimerJ'aime la photo du nous aussi on va danser !
RépondreSupprimerDis dis, tu me ramènes un Baggy ? (blanc sil te plait).
Les lumières sont chouettes ! Par contre suis pas sure d'avoir compris, c'est payant ces danses nocturnes, enfin l'entrée ?
Belles, les lumières. Beaux les danseuses et danseurs. Beaux les habits. Bien le récit de l'évènement. Ce devait être vraiment beau à voir... Merci !
RépondreSupprimerdans la vieille ville, non, dans la plupart des universités, c'est gratuit pour les étudiants, mais payant pour les autres. A cept, c'était sensé être 500rs l'entrée, environ 7e, ce qui est inimaginable pour la plupart des indiens. Mais apparament, du fait des reventes de place, ce serait monté à 10000rs pour la semaine entière. Mais là, ce ne sont que des rumeurs estudiantines...
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