jeudi 21 novembre 2013

Que la campagne est belle! Un très long trajet de bus nous emmène depuis Ahmedabad jusqu'à Hubli, puis Hospet, et enfin Hampi, notre première étape d'un long voyage à travers le sud de l'Inde.
Le paysage autour d'Ahmedabad, je l'ai déjà dit, est assez morne et présente peu d'intérêts: une large plaine assez verte, plate, avec quelques arbres rabougris, squeleptiques et rachitiques. Le sol est lui recouvert le plus souvent d'une épaisse et infranchissable broussaille épineuse, montant parfois à hauteur d'homme et empêchant le regard de porter au loin. En voyage, la principale distraction consiste donc à regarder le défilement des poteaux électriques, tous penchés d'un coté ou d'un autre. On peut aussi regarder les camions, espèces de temples sur roues tellement ils sont décorés. J'ai parfois un peu de mal à saisir comment le chauffeur peut voir la route à travers la foule de biblots, mais en même temps, la vitesse de pointe doit approcher les cinquantes km.h, et ces symboles sont là pour les protèger. Enfin ce qu'on en perçoit des camions, c'est plus le bruit des klaxons, tous plus inventifs les uns que les autres: montée ou descente de notes, mélodie, rythmes entrainant, puissance, tout est fait pour se démarquer et se faire faire remarquer.
Régulièrement, aussi, apparaissent des stations de bord de route, ressemblant peut-être un peu aux stations en bord de nationale: une grande étendu gravilloneuse, où quelques camions sont souvent à l'arrêt, des toilettes, louches à la fois par leur odeur et les bruits que produisent leurs occupants, un resto pas cher, le plus souvent étonnament bon, et un petit atelier de réparation, jouxté de montagnes de pneus et de pièces rouillées. Parfois, le tout est accompagné d'une musique forte, histoire que les chauffeurs ne s'endorment pas. Quelle ambiance!
Après une nuit dans le bus, nous découvrons au petit matin un tout autre paysage. Celui-ci est grande partie cultivée. Sur une terre d'un incroyable rouge poussent de la canne à sucre, des plants de coton, comme de petites boules de neiges, un peu de maïs, des tournesols aussi. Et tout autour de ça, de grands et beaux arbres, des palmiers. Au fond, de petites montagnes, comme un fond de scène. Ce qu'ils sont beaux, ces champs cultivés! Ils semblent donner une vie à la campagne, alors qu'elle semblait morte un peu avant. Un peu partout, de petites fermes, quelques hangars, mais surtout beaucoup de petites maisons. Des gens dans les champs, ou un tracteur. Assez peu de bêtes, mais la vitalité des lieux saute aux yeux, et pour la première fois depuis mon arrivée en Inde, les 70 pourcents de campagnards que comptent l'Inde prennent une réalité: il y a ici une autre manière de vivre que dans les villes bruyantes et poussiéreuses, à découvrir...

1 commentaire:

  1. Ta description des bords de routes et de l'arrivée dans la campagne merveilleuse m'a fait penser à un résumé des Raisins de la Colère ! (juste la première partie, je ne te souhaite pas la suite)

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