vendredi 14 mars 2014

Au beau milieu de mon deuxième semestre à Ahmedabad, l'irruption de deux personnes bien connues est assez étrange et déstabilisante. Tout à coup, voilà ma vie indienne qui n'était jusqu'alors que ce que je souhaitai en laisser filtrer dévoilée au grand jour ! Une perspective réjouissante, puisqu'il s'agit pour moi de partager une existence indienne que j'apprécie beaucoup. Et justement, j'aimerai que les visiteurs apprécient cette petite plongée indienne autant que moi.

Voila donc mon état d'esprit avant l'arrivée des parents. Les trois premiers jours furent un jeu du chat et de la souris dans entre l'université, l'appartement et les rues d'Ahmedabad. Une répétition avant le véritable voyage pour moi, où je dois laisser les parents pour la journée. Encore une fois à Ahmedabad, nous nous rattrapons sur les découvertes culinaires, des dosas (crêpes de riz broyé et fermenté) au thali (un plateau avec plein de plats différents et du riz et du pain). Ils me racontent la découverte, ou redécouverte, du bruit, de l'agitation permanente, les vaches et les bouses, les singes aux arbres, les klaxons, la pollution, le trafic insensé, la gentillesses des habitants d'Ahmedabad... Je me rappelle alors mon arrivée et mes premières impressions : tout me paraissait alors assez incroyable, pas forcément beau ni agréable, mais très impressionnant. Après quelques mois passés ici, je m’émerveille ou m'insurge toujours devant cette ville. Mais ces vives émotions sont aussi pondérées par la vie quotidienne, qui rend parfois les choses les plus invraisemblables presque banales et ordinaires... Heureusement d'ailleurs, il serait autrement difficile de ne pas rester en permanence la bouche ouverte, saisi par le spectacle de la rue.

Nous quittons Ahmedabad. Notre chauffeur nous emmène vers Udaipur, sympathique petite ville onirique au bord d'un lac, avec de beau palais les pieds dans l'eau.


Puis Kumbhalgarh, une forteresse gigantesque et fantomatique au beau milieu de nul part. Aux alentours quelques paysans s'échinent à faire pousser un carré de blé dans le fond de la vallée.



Pas très loin de là, nous trouvons un temple jaïn tout de marbre blanc, tout aussi inattendu, et assez magnifique : Ranakpur.


Arrivés à Jodhpur, nous montons directement sur la terrasse de notre hôtel pour admirer d'un coté la rouge forteresse perché sur son rocher rouge éclairée par le rouge soleil couchant, et à contre-jour de l'autre coté les multitudes de maisons bleu indigo d'où n'émergent que quelques humaines exceptions.


A Ajmer, échappant de peu à un furieux trafic, nous découvrons une étonnante maquette représentant la cosmologie jaïn, de dimensions imposantes puisqu'une salle a été spécialement construite pour l'accueillir, et le Dargah, lieu assez indescriptible, à la fois mosquée, lieu de pélerinage pour les hindous, place de jeu, cuisine pour les pauvres dans deux gigantesques chaudrons, place de marché... L’effervescence même !


Ensuite vient Bundi, petite ville tranquille au fond d'une vallée sur les flancs de laquelle s'accroche un magnifique palais, offrant de magnifiques vues sur le paysage ainsi que de drolatiques fresques. Et dans la ville calme et tranquille, deux puits monumentaux.




Et Enfin chittorgarh, une autre forteresse toute en longueur, dont les murailles suivent patiemment les limites d'un haut-plateau. A l'intérieur, moultes temples, bassins et autre merveilles.




Voilà pour un rapide tour d'horizon de notre périple !
Beaucoup de ces lieux, je ne les connaissais pas et les ai donc découvert avec les parents. Bundi, particulièrement, nous a, je crois, particulièrement marqué. L'arrivée se fait par une petite route défoncée et encombrée de camions, accrochée à un flanc de la vallée. A nos pieds, la veille ville, un grand bassin entouré de belles bâtisses à patio. Et puis au fond, de l'autre coté de la vallée, le palais accroché à l'autre versant, à la manière du Potala de Lhassa comme le disait justement Eric, et encore dessus la forteresse. Puis nous laissons la voiture pour entrer dans la vieille ville. Oublié alors le magnifique paysage environnant! Un dédale de petite rue remarquablement préservée des klaxons, bordées de réparateurs de vélos, de tisserands, de meuniers... Un rêve pour touriste en quête d'authentique ! En montant sur l'inévitable terrasse de notre hôtel, nous retrouvons d'un coté le palais, juste au dessus de nous, et de l'autre la route par laquelle nous sommes arrivés, comme un lointain spectacle. Les toits sont le royaume des singes, ce qui oblige les gens à s'enfermer dans des cages de bambous pour éviter d'être importunés. En montant au palais, nous nous retrouvons finalement dans la situation opposée, la route au loin. Les lieux sembles avoir été abandonnés la veille, tant les peintures sont encore vives, les enduits nacrés en bon état. On imagine sans peine la vie luxueuse qui a du être menée ici... Et c'est vide. Nous sommes pratiquement seuls. Magique !

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