Jodpur! une très grande ville, avec au beau milieu un château franchement impressionnant, entouré d'une ville médiévale. Les puissantes murailles de la forteresse semblent naître du rocher sur lequel elle est accrochée. Fantastique! En haut, au dessus des murailles, le palais du raja local, qui n'y habite plus aujoud'hui, mais qui en est toujours le propriétaire. On peut d'ailleurs voir sa nouvelle maison,construite dans les années vingt à bonne distance, une gigantesque masse dans le paysage, avec des dômes de tous les cotés. L'ancien palais s'organisent autour de cours s'ouvrant sur le vaste paysage. Quand on se rapproche du parapet, en contrebas, la vieille ville, un ensemble de maisons cubiques autour de ruelles sinuantes. Ses hautes maisons à toit plat escaladent les collines alentours, créant un paysage étonnant, presque cubiste. Surtout, beaucoup d'entre-elles sont peintes en bleu indigo, les faisant ressembler à de gros glaçons. Cette rafraichissante teinte tranche avec la pierre locale, d'une magnifique couleur terre brulée. Une succession de tableaux!
En se baladant dans la ville, on finit par se faire inviter à monter sur une terrasse. Un invraisemblable réseau: il semble possible de sauter d'un toit à l'autre, tant les maisons sont proches les unes des autres. Dès que la fraîcheur de la fin d'après midi arrive, toute l'agitation la ville monte d'un niveau: des bruits de vaisselle, de cuisine se font entendre un peu partout, des enfants jouent au cricket d'un toit à l'autre, pendant que d'autres s'invectivent à distance... Un joyeux bazar!
Puis la nuit tombant, certaines rues retrouvent leur animation. D'imposants bon hommes jouent aux cartes, assis sur des espèces de podium au coin d'une rue, des femmes papotent devant leurs maisons, des enfants cours un peu partout: il règne ici une certaine douceur de vivre, une atmosphère de relâchement très agréable, encore peu rencontrée en Inde. Et puis, bizarrement, il n'y a pas de touristes.
L'arrivée à Pushkar n'en est que plus étrange. Dès le départ, une certaine gêne m'envahit. Au milieu d'une ville assez laide, un très beau lac, entouré de ghâts, des temples avec de grands emmarchements se jetant dans l'eau. Autour de cet ensemble, l'un des plus sacré d'Inde, une rue circulaire remplie de magasins de fringues, de thé, d'encens, de pacotilles pour touristes. Et effectivement, les touristes sont là, d'un coté des jeunes, de l'autre des retraités, tous dans un style baba mystique plus ou moins affirmé. C'est ce qui me gêne. L'image que cette ville reflète, c'est un cliché: celui d'une Inde exotique, mystérieuse, orientale, mystique. Certe, cela fait parti de la réalité indienne, mais c'est tellement éloigné de la vie de la majorité des indiens! Cela donne l'image d'un pays inamovible, qui ne bouge pas. Une vision primaire, simpliste, unique. Mais on y prend de belles photos, et on ne risque pas d'y remettre en cause ses fantasmes Indiens.
D'autant plus que le tourisme a en réalité totalement détruit les lieux. Tous les brahmans que l'on voit, sensés être hommes de religion, semblent uniquement concernés par leurs niveaux de vie, et passent leurs temps à héler le touriste, réclamant argent contre courtes prières, n'hésitant pas à débattre du prix au milieu de leur travail. Bref, c'est ridicule, et ce serait presque comique si ce n'était pas si laid.
Mais qu'est ce que c'est beau! Très tôt le matin, avant la levée du soleil, les pèlerins arrivent par petits groupes, entonnant quelques chants et prières avant de se purifier dans l'eau du lac. Les couleurs des saris, le bleu indigo des ghats, les emmarchements somptueux, les reflets dans l'eau et la lumière dorée du soleil naissant! C'est d'un exotisme envoutant!
Plus folklorique et vivant, un peu à l'écart de la ville, le festival du chameau était en cours d'installation. Une véritable ville éphémère, faite de tentes, de chapiteaux, de yourtes, avec des chameaux arrivant par centaines d'un peu partout. Mais aussi moultes restaurants, vendeurs d'équipements pour chevaux et chameaux, un train fantôme, des manèges pour enfants... Une véritable foire!
Et puis des odeurs, des bruits dignes des gigantesques troupeaux répartis un peu partout sur le site. C'est très drôle: la tête un peu bêta du chameau, ses mouvements nonchalants, machouillements et régurgitements sont une source inépuisable de mîmes et de moqueries!
En se baladant dans la ville, on finit par se faire inviter à monter sur une terrasse. Un invraisemblable réseau: il semble possible de sauter d'un toit à l'autre, tant les maisons sont proches les unes des autres. Dès que la fraîcheur de la fin d'après midi arrive, toute l'agitation la ville monte d'un niveau: des bruits de vaisselle, de cuisine se font entendre un peu partout, des enfants jouent au cricket d'un toit à l'autre, pendant que d'autres s'invectivent à distance... Un joyeux bazar!
Puis la nuit tombant, certaines rues retrouvent leur animation. D'imposants bon hommes jouent aux cartes, assis sur des espèces de podium au coin d'une rue, des femmes papotent devant leurs maisons, des enfants cours un peu partout: il règne ici une certaine douceur de vivre, une atmosphère de relâchement très agréable, encore peu rencontrée en Inde. Et puis, bizarrement, il n'y a pas de touristes.
L'arrivée à Pushkar n'en est que plus étrange. Dès le départ, une certaine gêne m'envahit. Au milieu d'une ville assez laide, un très beau lac, entouré de ghâts, des temples avec de grands emmarchements se jetant dans l'eau. Autour de cet ensemble, l'un des plus sacré d'Inde, une rue circulaire remplie de magasins de fringues, de thé, d'encens, de pacotilles pour touristes. Et effectivement, les touristes sont là, d'un coté des jeunes, de l'autre des retraités, tous dans un style baba mystique plus ou moins affirmé. C'est ce qui me gêne. L'image que cette ville reflète, c'est un cliché: celui d'une Inde exotique, mystérieuse, orientale, mystique. Certe, cela fait parti de la réalité indienne, mais c'est tellement éloigné de la vie de la majorité des indiens! Cela donne l'image d'un pays inamovible, qui ne bouge pas. Une vision primaire, simpliste, unique. Mais on y prend de belles photos, et on ne risque pas d'y remettre en cause ses fantasmes Indiens.
D'autant plus que le tourisme a en réalité totalement détruit les lieux. Tous les brahmans que l'on voit, sensés être hommes de religion, semblent uniquement concernés par leurs niveaux de vie, et passent leurs temps à héler le touriste, réclamant argent contre courtes prières, n'hésitant pas à débattre du prix au milieu de leur travail. Bref, c'est ridicule, et ce serait presque comique si ce n'était pas si laid.
Mais qu'est ce que c'est beau! Très tôt le matin, avant la levée du soleil, les pèlerins arrivent par petits groupes, entonnant quelques chants et prières avant de se purifier dans l'eau du lac. Les couleurs des saris, le bleu indigo des ghats, les emmarchements somptueux, les reflets dans l'eau et la lumière dorée du soleil naissant! C'est d'un exotisme envoutant!
Plus folklorique et vivant, un peu à l'écart de la ville, le festival du chameau était en cours d'installation. Une véritable ville éphémère, faite de tentes, de chapiteaux, de yourtes, avec des chameaux arrivant par centaines d'un peu partout. Mais aussi moultes restaurants, vendeurs d'équipements pour chevaux et chameaux, un train fantôme, des manèges pour enfants... Une véritable foire!
Et puis des odeurs, des bruits dignes des gigantesques troupeaux répartis un peu partout sur le site. C'est très drôle: la tête un peu bêta du chameau, ses mouvements nonchalants, machouillements et régurgitements sont une source inépuisable de mîmes et de moqueries!
Un de mes profs a vécu à Kinshasa plusieurs années : il m'explique l'histoire d'un ébéniste qui vient réclamer l'argent du cercueil qu'il a construit, jusqu'au cimentière où le mort est en train d'être enterré!! L'histoire a fini en bagarre.
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