vendredi 26 juillet 2013


Quelle université! La séléction des cours a eu lieu la semaine dernière, prenant la forme d'une sorte d'énorme chaos où tout le monde va d'un bout à l'autre de l'université afin de savoir où il doit aller pour obtenir tels ou tels cours... Sauf nous, étudiants en échange! Vu qu'on est qu'une dizaine, on a eu le droit de passer devant tout le monde. Mais, c'était sans compter sur le fait que certains cours étaient trop demandées... Le lendemain, aucun passe-droit ne nous a été accordé et on a du faire comme tout le monde pour trouver des places libres...
Comme méthode d'inscription, c'est nettement plus convivial que la froideur et la rigidité du système informatique européen. C'est un bon moyen pour faire se rencontrer des gens partageant des intérêts communs, tout en permettant aux étudiants de développer leurs compétences d'un point de vue débrouille.

Au final, je me retrouve dans un studio un peu nul, avec tous les autres étudiants internationaux (pour ça, on avait pas trop le choix, il y a un seul studio par semestre) où le prof est une sorte de gourou parlant de la beauté: il lance une banalité monstrueuse, du style "L’Architecture, c'est ce qui protège" en parlant le moins fort possible afin qu'on soit tous obligés de s'approcher pour entendre. Puis quelques instants de silence, le regard qui porte loin, bien au dessus des têtes des étudiants. D'une manière générale, tous les profs masculins que j'ai rencontré jusqu'alors sont dans ce style, avec des cas plus ou moins graves.

Heureusement, je choisis tous mes autres cours, peu importe le niveau. Je me retrouve parfois avec des 1ères années, parfois avec des doctorants... C'est assez déstabilisant, mais intéressant: Je réalise la progression, parfois la perversion, notamment au niveau du vocabulaire: autant il est facile de parler d'architecture avec les débutants, autant ça devient impossible avec des gens plus expérimentés. Restons compréhensibles!

Donc, j'ai un cours sur la réparation des structures en Béton armé, acier abimées, lié à la faculté de technologie: je suis le seul archi tombé dans le traquenard, c'est à dire que c'est très intéressant, mais devient difficilement compréhensible quand la discussion porte sur des réactions chimiques internes au béton. Enfin, j'essaie d'en tirer le plus possible!
Il y a ensuite un séminaire appelé Streets for people, où l'on s'intéresse à la rue, aux modes de déplacement, à l'économie informelle (les bouis bouis en bords de route). Tout cela avec des profs, des étudiants qui viennent de toute l'Inde (car déjà diplomés) et des pros. C'est bien parti!
Après, je m'essaie au modelage de l'argile, de manière plus ou moins agile, mais aussi au modelage du territoire, dans un cour appellé Landscape Engineering.

De manière générale, ce qui est bien, c'est qu'on peut choisir des cours en dehors de l'architecture. Ca fait du bien! Ensuite, au niveau de la pédagogie, c'est assez étrange. Cela va d'un extrême à l'autre: du gourou barbu décrit plus haut, parfois très intéressant, parfois pesant, aux séminaires qui prennent la forme de débat, de discussion, où les étudiant apportent véritablement quelque chose, participent à des projets concrets. C'est peut-être ce qui est bien dans un pays comme l'Inde: il y a tellement de choses à mettre en place que les universités n'ont pas peur de travailler sur des projets qui seraient en Europe jalousement protégés par les agences.

Désolé pour le peu de photos, mais ma connexion internet est aléatoire pour le moment!

1 commentaire: