lundi 25 novembre 2013

Enfin, le moteur redémarre...Quel bus interminable! Nous voilà à Bangalore, et je ne sais quelle drole d'idée nous a prit de revenir du centre vers la banlieue où nous sommes hébergés par des amis à une heure de pointe.
Il fait déjà nuit, une fine pluie qui pourrait être raffraichissante tombe dehors, sauf que nous sommes à l'intérieur d'un bus bondé, alors l'humidité ambiante et la buée sur les vitres nous empêchent de voir l'extérieur. De toutes façons, il n'y a rien à voir, à part les phares de milliers de voitures agglutinées autour du bus, qui semble assiéger. Dans les interstices, des motos et scooters tentent de trouver une sortie au labyrinthe.
Déjà, monter dans le bon bus reléve de l'exploit, tant la station centrale est compliquée. Tout le monde court dans tous les sens, sautent et grimpent dans des bus en marche, se bousculent... Enfin, une fois rentrer dans le bon, on se dit que c'est bon. Evidemment, notre place est dans l'allée central, les habitués s'étant précipités sur les banquettes. Le problème, c'est que nous sommes dans la partie réservée aux femmes, à l'avant. Un plus pour la vue et les odeurs. Une fois rétrogradés à l'arrière, de puissantes senteurs viriles s'exhalent des corps plaqués les uns aux autres. Une chance que les indiens soient en moyenne un peu plus petits...
Encore une fois, le bus s'arrête, le chauffeur éteind le moteur. A quoi bon bruler du pétrole quand une marée de voitures bloque toute la circulation. Vagues après vagues, notre bus parvient néanmoins à dépasser une première intersection, puis une autre.
J'admire la patience de ces indiens. Ils subissent clairement les conséquences de problèmes dont ils ne sont pas la cause, et en plus dans des conditions moins agréables que les fautifs.
Une ambulance, toutes sirènes hurlantes, passe en force.
Une ligne de métro est bien en construction, mais comme beaucoup de nouveaux transports publics en Inde, il sera sans doute inaccessible à la majorité des indiens qui prennent aujourd'hui le bus. Le bus, c'est le transport du pauvre. Ca coute combien un bus? 10 voitures? Pour 10 fois plus de passagers. Les routes, elles sont déjà là. Il suffirait juste d'en réserver une ligne aux bus, mais bon, cela voudrait dire que les pauvres ont le droit à autant de respect que les riches dans leurs voitures, que leurs temps est aussi précieux. Et ça, cela parait encore loin.
Un spécialiste indien des transports publics a dit qu'un pays développé, ''c'est un pays où les riches prennent les transports en public, et non pas où les pauvres ont une voiture''. Bel objectif, et cela même en Europe.
Alors les gens s'occupent comme ils le peuvent, écoutent de la musique, parlent un peu entre-eux, beaucoup au téléphone, et baissent la tête, consternés, chaque fois que le moteur s'arrête. Mais pour moi, ça va, j'ai trouvé une place au soleil: un siège avec une fenêtre, et je regarde défiler le théatre de la rue indienne.











5 commentaires:

  1. euh? le fautif de quoi? des embouteillages?

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  2. Merci Martin, il ne nous manque que les odeurs; le bruit on l'entend presque...

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  3. Bah!! C'est qui le fautif de tout ce bordel !!? Parce qu'il suffit sûrement de le trouver et de lui dire que ça va pas, on est au 21ème siècle, quoi!!

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  4. J'avais un train de retard dans la lecture de tes récits, toujours aussi bien écrits et évasion à la clé! Ca fait oublier l'hiver et le train train parisien :)

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