samedi 7 décembre 2013

Commençant à nous habituer à l'espace-temps indien, qui veut que 200km se parcourent en environ quatre heures, nous décidons de prendre un bus public pour atteindre Allepey, 2000m plus bas et 200km plus loin, sur la côte ouest de l'Inde. Sauf que dans le Kerala, les bus publics n'ont pas de fenêtres. Enfin, il y en a, mais elles n'ont pas de vitrages. Du coup, le choix se limite à un bus ouvert aux quatre vents, ou à une boite de conserve (il y a des volets). Notre départ étant matinal, la descente fut un peu frisquée, mais revigorante. Et puis d'une certaine manière, on peut trouver une logique un peu absurde à cette absence de fenêtre: il faut éviter de s'endormir, car la tête pourrait se retrouver exposée à l'extérieur de manière inconsciente. Mais du fait qu'il n'y a pas de vitres, l'air frais entrant à plein volume n'est pas propice au sommeil. Au moins, on est sur de ne rien manquer du magnifique paysage!
Et puis une fois descendu, un peu plus tard dans la matinée, c'est tout à fait agréable, parfait pour regarder les alentours: Partout (mais vraiment partout), de petites maisons avec de grands jardins luxurients. Certains arbres sont franchement impressionnants, sortes de géants poilus! Un espèce de village / campagne continu. La route est minuscule, et le gros bus avance à grands coups d'un klaxon qui ferait palir d'envie un capitaine de paquepot. D'ailleurs, le bus tient plus du paquebot que du véhicule routier: il semble en effet inarrêtable, écarte tout sur son passage et laisse derrière lui des remous de voitures et motos qui tentent de réapproprier la route.
Un écolier monte, un vendeur descend avec ses produits, un autre charge des cartons sur le toit, le couloir central se remplit petit à petit, puis se vide soudainement à un lieu de marché. Une chose est sûre, les femmes à l'avant, les hommes derrières!
Et puis tout le monde descend pour passer un pont à pied, à coté du bus. Le tablier fait quatre mètres de long, et est apparament peu sur... Tout le monde remonte cent mètres plus loin!
Tout cela fait que nous avançons lentement, mais dans un bus indien sans vitre, tout semble plus intéressant et nous finissons par arriver à Allepey, où nous montons presque directement dans un bateau à la forme étrange: une coque assez plâte, sombre, surmontée d'un espèce de panier en osier renversé, la partie habitable du bateau. C'est assez petit, à peine 4 m de large, pour 12 ou 13 de long. Une fois installés, il fut trop tard pour faire marche arrière: nous n'avons rien fait pendant deux jours, mis à part admirer le paysage et manger du poisson.
Pas même les vagues n'étaient là pour nous déranger, puisque nous naviguions, non pas sur la mer, mais sur les backwaters: un réseau de canaux, de marais et de lacs, entre l'océan et la (vrai) terre ferme. Entre ces canaux, en contrebas, des rizières, des palmiers et de petites maison aux couleurs bigarrées (le mot est sorti tout seul!). Et puis des églises aussi, de style portugais (ceux-ci sont arrivés dans le coin), souvent assez inattendues. Il y a aussi quelques écoles, avec le bateau de ramassage scolaire attenant. A heures fixes, on voit ces bateaux bondés d'enfants en uniforme plus ou moins réussis s'arrêtés un peu partout le long des canaux.
Sur terre, la vie semble assez paisible, les femmes se baignent le matin, les hommes le soir (pendant que les femmes font la vaisselle ou la lessive à coté), pour trouver de quoi manger, il suffit d'un bout de fil et d'un hameçon, et les enfants cours un peu partout dans les petites venelles. Bon, le travail dans les rizières n'est peut-être pas aussi idyllique, surtout avec les produits en ide qu'ils envoient à la pompe à main...
Mais cette vie honnête n'est apparament pas coutumière ici. Etant difficile d'accès et donc peu contrôlable, la zone aurait été pendant longtemps un repère de pirates et de forbans pratiquant les enlèvements et la rançon. Selon la légende, chaque maison a ici une chambre en plus, ou plutôt un cachot...
Nous, pendant ce temps, on fait la sieste car il fait ici chaud et humide.









Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire