mardi 3 décembre 2013

Une nuit de bus. Allongé, ou plutôt recroquevillé sur mon lit de petites dimensions, je regarde la banlieue de bangalore passer sous mes yeux. Puis je m'endors assez rapidement en écoutant les doors, tandis que le bus file à bonne allure sur une belle autoroute. Pour la musique, il faut mieux privilégier quelque chose d'assez puissant, autrement, les envolées musicales des bolliwood projetés dans le bus prennent le dessus: difficile de trouver le sommeil dans ces conditions!
La nuit agitée, en pointillées, avec quelques arrêts dans des stations services un peu sordides ou un nid de poule plus gros que les autres. Mais, après quelques trajets avec ces bus, on finit par s'habituer et le sommeil se fait plus régulier.
Il n'empêche, quand au petit matin, juste avant le lever du soleil, le chauffeur s'attaque à une route de montagne, difficile de ne pas se réveiller. La route n'est pas large, et les virages nombreux et très serrés. Heureusement qu'elle est quasiment déserte. De toutes manières, les autres passants n'ont qu'à bien se tenir, puisque le chauffeur, fort de son gros bus, klaxonne à tous va, utilisant toute la gamme de notes que lui offre son engin!
Et puis la route n'est pas vraiment lisse. Le stade du nid de poule est loin derrière. Là, ce sont plus des bouts de route entiers qui manquent! Allongé à l'arrière du bus, la suspension du bus m'envoit donc parfois voler assez haut, ce qui est assez amusant au début, puis un peu lassant. Enfin, on s'y fait.
Il suffit en effet de jeter un coup d'oeil par la fenêtre pour oublier tous ces tracas matériels: des plantations de thé à perte de vue, d'un vert tendre, ondoyant dans une vallée assez profonde. Les plants de thés poussent poussent de manière assez aléatoire horizontalement, avec de petits chemins sinuants entre-eux afin d'atteindre le dessus de la plante, là où sont récoltées les plus jeunes feuilles. De ce fait, toutes les plantes ont la même hauteur. Au final, cela ressemble à un espèce de grand tapis vert tendre irrigué par un réseau de petits chemin où la base des plantes, plus sombre, apparaît. Un peu partout, émergeant du thé, des arbres sensés maintenir le terrain. Et tout en haut des montagnes, là où la pente devient trop importante ou le sol trop rocailleux, de gigantesques arbres, très élancés. Et puis l'odeur fraîche de la montagne, se faufilant à l'intérieur du bus. Cet air pur et limpide, légèrement humide. Qu'elle est loin la mousson!
En contrebas de la route, une rivière allant d'où nous venons. Quelques cascades spectaculaires, dont le bruit me fait presque oublier que nous sommes dans un bus. Le bus s'arrête dans un petit village moche, mais bien entouré. Bienvenue à Munnar!
Les voyageurs, endormis et apathique l'instant précédent, deviennent frénétiques. Les rideaux qui donnent une certaine intimité aux couchettes s'ouvrent soudainement. Tous ces gens oubliés réapparaissent, se jettant dans l'étroit couleur à la recherche de leurs chaussures et de leurs bagages!
A la sortie du bus, maintes personnes nous assaillent, nous proposant forces guesthouses, tour en rickshaw dans les montagnes, treks dans les plantations... Nous trouvons refuge chez un tchaïwallah (un vendeur de thé dans la rue), qui disperse tout ce petit monde à grand gris! Et pour la première fois depuis notre arrivée en Inde, le thé qui nous est servi a le gout de thé, plus que de sucre, de gingembre, de lait chaud ou de masala.







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