samedi 3 mai 2014


Nouvelles chaussures pour un nouveau voyage ! Un renouvellement de mes chapals s'imposait au vu de l'état de l'ancienne paire. Ce fut l'objet d'une dernière expédition épique dans la vieille ville : Un rickshaw de l'ouest d'Ahmedabad m'amena tout d'abord un peu après la rivière. Puis je fis le tour des chauffeurs de la vieille ville en leur montrant mes vieilles chapals usées, sans forme, se trainant lamentablement sur le sol, produisant un son las et fatigué. ''New, new... Same, same'' ! Réponse du rickshaw driver : ''Come, come'' ! Après un stand vendant des tongues en plastique à bas coût, un magasin vendant les même en un peu plus dorées et beaucoup plus chères, un chauffeur sympathique me trouve finalement une petite échoppe dans un coin de rue qui vend ce que je recherche. En les enfilant, je redécouvre le plaisir de porter une chaussure entière, qui tient bien au pied, et non une épave. Ainsi bien chaussé, me voilà prêt à repartir !



Je ne suis pas fâché de quitter Ahmedabad. C'est une ville dans laquelle j'ai aimé la vie quotidienne : l'université, le yoga, la bicyclette, manger dans la rue, se balader de jour ou de nuit, habiter un bel appartement... Ce sont les éléments d'une vie assez saine et paisible. J'apprécie ce coté simple, un peu ascétique, mais c'est aussi un peu l'origine de ma joie de partir : la vie ici manque d’événements, d'inattendu, d'irrégulier. Après l’excitation de la découverte, qui ne disparaît jamais complètement, viennent de longues périodes qui ne sont pas de l'ennui, mais plus simplement des habitudes. Evidemment, elles peuvent paraître un peu pales après les impressions extrêmes que l'on a en arrivant.

Le voyage en Inde, ce serait l'opposé : à part quelques longs trajets en train, il n'y a rien besoin de réserver. Et encore, ceux-ci sont tellement peu chers et si facilement remboursables qu'il est tentant d'en prendre plus que nécessaire pour ne se fermer aucune options. Tout ce décide au jour le jour, en ayant une vague idée de la direction générale du voyage. Mais on sait jamais exactement quel sera le programme du lendemain, où est ce que l'on va dormir, manger, ce qu'on aura le temps de faire ou de ne pas faire, qui on va rencontrer. Il y a une forme d'imprévisibilité, de relâchement aussi qui font que je me sens plus accessible, ouvert, à l'écoute, moins passif à ce qui se passe autour de moi.

Je quitte Ahmedabad en train AC2. Le top du top ! La classe sleeper a beau être joyeuse et stimulante, quand il fait 45°, l'appel de la climatisation est trop fort. Le voyage est donc nettement moins drôle qu'à l'accoutumée. Je redécouvre cependant avec plaisir qu'un train peut-être silencieux, propre et doux. Il y a ici beaucoup de familles complêtes, comme dans les autres classes, qui ressemblent ici à celles qu'on voit dans les pubs : deux enfants (une fille et un garçon) tout à fait mignons sans être trop sages. La mère habillée simplement (on est loin des saris), mais tout de même assez élégante et colorée, et qui a dans son sac à main des lingettes et des snacks. Le père, plus sobre, un peu gris, mais avec un gros portable et une grosse montre. La grand-mère porte toujours un sari et a des bijoux un peu partout, et donne des douceurs aux enfants. Le grand-père avec un non-style un peu équivalent à celui du père, quoique plus ample et tendant plus au blanc qu'au gris. Ici, pas de musique sur portable, pas de ''Tchai coffe tchai tchai tchai coffee tchai tchai coffee'' ou ''Samossa, sameeusssa, samosssa'' toutes les quinze secondes, pas d'enfant qui pleurent (ils jouent sur le gros portable du papa). Enfin, personne ne m'a demandé mon nom au cours des quinze heures de trajet. Tout au plus m'a t-on proposé quelques dates. Même si j'ai apprécié cette indifférence pendant le voyage, je suis après coup un peu vexé et déçu : en classe sleeper, j'aurai sans doute partagé un repas avec une famille, trois personnes seraient devenues mes amis sur facebook, et j'aurai pu admirer le paysage. En AC, il y a en effet tellement de condensation au fenêtre qu'on ne voit qu'un épais brouillard blanc en lieu et place de la campagne indienne.

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